dimanche 10 avril 2011

LES PARTIS POLITIQUES TUNISIENS APPARTENANTS AU COURANT MARXISTE LENINISTE


Des mouvances politiques appartenant au courant marxiste auront désormais officiellement droit de cité, et sortiront en toute légalité de la clandestinité dans laquelle ils ont été confinés durant la dictature de Zaba.

M. Ahmed Friâa, ministre de l’intérieur du gouvernement transitoire, a indiqué, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le jeudi  21 janvier 2011, que «tous les partis ayant déposé de nouvelles demandes de visa d'activité politique ont reçu une réponse favorable». Ainsi, le Parti Tunisie Verte (écologiste), le Parti Socialiste de Gauche et le Parti du travail patriotique et démocratique de Tunisie, auront désormais une existence légale, et sortiront officiellement de la clandestinité dans laquelle ils ont été confinés durant la dictature de Zaba.
Le ministre a également précisé que le parti du Baath (parti panarabe fondé par le syrien Michel Aflaq), a déposé le jour même,  une demande de visa d'activité politique. On aura remarqué qu’à la notable exception des écologistes de la Tunisie Verte, dont une autre organisation politique avait usurpé le nom vers la fin du règne de Zaba, les deux nouveaux partis qui auront désormais droit de cité appartiennent à la famille de la gauche révolutionnaire.
Le Parti Socialiste de Gauche, est dirigé par Mohamed Kilani, membre fondateur du POCT (Parti Ouvrier Communiste Tunisien), avec son camarade Hamma El Hammami. Le duo affichait une admiration sans borne jusqu’en 1991, pour Staline et son dernier représentant albanais Enver Khoja.
Des personnages pas vraiment réputés pour avoir été de grands démocrates. Certes Mohamed Kilani s’est séparé du POCT, et va jusqu’à fonder séparément un parti. Il soulignera pourtant que les désaccords avec son célèbre camarade (Hamma El Hammami a lutté avec acharnement pour les libertés durant la sombre période de Zaba) reposent essentiellement sur des questions d’ordre tactiques.  
Le Parti du travail patriotique et démocratique, lui, reflète une autre mouvance de la gauche marxiste bien connue des milieux estudiantins de la gauche tunisienne. Reste que dans la Tunisie d’après la Révolution, les conditions ne paraissent pas particulièrement propices, (du moins à notre connaissance) à l’instauration de la dictature du prolétariat. Mais gardons-nous de ces considérations qui peuvent paraître intempestives, dans un contexte où les uns et les autres crient leur allégeance aux valeurs démocratiques "bourgeoises", qui  ne passent que par les urnes. 
M. Ahmed Friaâ,  notre aussi controversé que provisoire ministre de l’intérieur souligne du reste que : «le pays est favorable à l'application des principes qui sous-tendent la liberté d'opinion, et que tous ceux qui ont déposé une demande de visa de constitution d'un parti politique, et qui ont réuni les conditions juridiques requises, auront droit à cette autorisation».
Walid Ben Sahbi

Aucun commentaire: