Saddam Hussein revit… en Tunisie !
Nation Arabe :: Lundi, 14 mars 2011 :: Albert Jacquemin ::Les agences de presse et les journalistes accrédités se sont bien gardés de nous en informer : il n’y a pas que la démocratie à l’occidentale et l’islamisme politiquement correct des épigones locaux d’Erdogan, qui recueillent les suffrages des Tunisiens, il y a aussi le Parti Baas arabe socialiste. Une organisation dont un des principaux leaders fut … Saddam Hussein.
Le Baas n’est pas un parti récent puisqu’il fut fondé à Damas, en 1947, par un intellectuel chrétien, Michel Aflak, avec comme but l’unification des différents États arabes en une seule et grande nation. Il accéda au pouvoir en Syrie, en 1970, et il dirigea l’Irak de 1968 à son invasion par les troupes de l’Oncle Sam. Dans ce pays, depuis 2003, tout a été fait pour éliminer son influence : ses membres ont été exclu de l’administration et de l’armée et ils ont perdu le droit de se présenter aux élections. Dans le même temps, le Département d’État n’a pas caché qu’il soutenait tous les opposants au gouvernement syrien et qu’il n’espérait qu’une chose : sa chute à court terme. Il faut dire que la doctrine baassiste qui combine avec le nationalisme panarabe, le socialisme et la laïcité, est à l’exact opposé de l’agenda de Washington et des idéologues du Grand Occident pour le Moyen Orient puisque ceux-ci travaillent à le balkaniser à l’extrême sur des bases ethniques et religieuses.
On comprend donc à quel point on a tordu le nez dans les chancelleries occidentales à l’annonce de la création à Tunis du Mouvement arabisme et développement par des enseignants ayant embrassé l’idéologie baassiste quand ils étaient étudiants à Damas ou à Bagdad. Leur apparition au grand jour a permis de découvrir tant l’existence clandestine en Tunisie de ce parti depuis le début des années 1960, que son influence considérable au sein des plus importantes composantes de la société civile tunisienne, comme les syndicats Union Générale des Etudiants de Tunisie, Union Générale Tunisienne du Travail et Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche, et ses activités fractionnistes au sein de partis légalement reconnus.
Quelques semaines après la révolution du jasmin, à laquelle ils disent avoir participé massivement dans les régions du centre-ouest, les baassistes tunisiens ont décidé d’œuvrer au grand jour en présentant une demande de légalisation pour leur parti qui reste fidèle aux principes de base de sa doctrine initiale tout en s’efforçant de l’adapter au contexte tunisien. «Nous proposons une nouvelle lecture de la pensée baassiste qui n’accorde pas trop d’importance, il est vrai, à la question vitale de la démocratie et des libertés, indique son secrétaire général Taieb Jellali. Sur le plan économique, notre objectif demeure la mise en place d’un marché arabe commun, mais sans négliger la réalité de l’économie tunisienne largement ouverte sur l’extérieur et mondialisée». S’agissant du processus de transition en cours en Tunisie, les baassistes prônent une rupture totale avec l’ancien système et défendent l’élection d’une assemblée constituante chargée d’élaborer une nouvelle Constitution. Ils plaident également pour la dissolution du parlement ainsi que « pour la résistance à la normalisation des relations avec l’entité sioniste » et pour le soutien aux mouvements de libération nationale dans le monde arabe.
Alors que le mécontentement grandit dans les masses tunisiennes qui ont, à juste titre, l’impression que leur révolution a été confisquée par d’ex-benalistes habilement recyclées et qui rejettent l’obscurantisme des islamistes, les baasistes du Mouvement arabisme et développement pourraient bien avoir un bel avenir devant eu
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire