dimanche 19 juin 2011

L'intelligence économique

 L’« intelligence économique » Un rôle renouvelé pour l’Etat, entre influence et puissance ?

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Sommaire

  1. Définition du concept d'intelligence économique
  2. Une rupture s'est produite récemment
  3. Une évolution au sein de l'appareil de renseignement américain avec la disparition de l'ennemi soviétique
  4. C'est au travers du double filtre de l'influence et de la puissance qu'il faut comprendre la mise de l'intelligence économique américaine
  5. Le concept d'intelligence économique américaine peut s'inscrire dans le cadre large de l'influence américaine
  6. La conception de la France

Résumé de l'exposé

En 2003, l’affaire « Gemplus » a connu un certain retentissement dans les médias français, permettant l’entrée d’un nouveau vocable sur la scène française : l’intelligence économique. Apparu au milieu des années 1980 aux etats-Unis, le terme d’intelligence économique désigne la prise en compte au sein des entreprises de l’importance de l’information sous toutes ses formes : production, recueil, analyse, utilisation…etc. Le concept a été étendu au niveau étatique dans une conception globale qui vise à défendre les intérêts nationaux sur un plan industriel, économique et au-delà militaire.
Historiquement, le concept d’intelligence économique est ancien puisqu’il est pratiqué par les Anglais depuis l’essor du royaume, les Japonais en font de même depuis l’après-guerre. Cependant, il a été formulé pour la première en 1986 par Michael Porter dans le cadre d’une conférence à Harvard. Ce dernier démontre la capacité des entreprises meneuses à surveiller et analyser l’activité des concurrentes, il donne une définition simple de ce qu’il appelle la « competitive intelligence » : « donner la bonne information, à la bonne personne, au bon moment,pour prendre la bonne décision ». En réalité, le concept d’intelligence économique est multiforme. D’un côté, il concerne les entreprises dans des activités de veille concurrentielle afin de gagner des parts de marchés et de se protéger de ses concurrents. De l’autre, il confère aux etats une place spécifique puisque ces derniers produisent et gèrent une quantité d’informations importante, à même d’être utile pour les entreprises et l’économie nationale. Sans aller jusqu’à la guerreéconomique, les etats développés intègrent systématiquement dans leur législation des éléments de sécurité économique qui visent à protéger l’économie nationale contre des agressions de tout type. C’est ce second aspect qui nous intéresse ici, quels sont les outils institutionnels et doctrinaux que les etats sont à même de développer pour garantir leur sécurité économique ?

[...] Raffarin à nommer un haut responsable chargé de l’intelligence économique au SGDN en la personne de A. Juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE ce qui tend à faire accroire l’idée que la France dépasse une conception axée sur la veille pour une vision plus stratégique de l’intelligence économique. Son objectif affiché est de « sélectionner les contrats stratégique à l’étranger, les entreprises de souveraineté, quelle que soit leur taille, à qui il faudra fournir informations et analyses ainsi que la protection nécessaire pour éviter que la France soit, à terme, privée de ses technologies d’avenir ». [...]

[...] L’« intelligence économique » Un rôle renouvelé pour l’Etat, entre influence et puissance ? En 2003, l’affaire « Gemplus » a connu un certain retentissement dans les médias français, permettant l’entrée d’un nouveau vocable sur la scène française : l’intelligence économique. Apparu au milieu des années 1980 aux Etats-Unis, le terme d’intelligence économique désigne la prise en compte au sein des entreprises de l’importance de l’information sous toutes ses formes : production, recueil, analyse, utilisation…etc. Le concept a été étendu au niveau étatique dans une conception globale qui vise à défendre les intérêts nationaux sur un plan industriel, économique et au-delà militaire. [...]

[...] Un cas identique est rapporté au détriment d’Airbus en Arabie Saoudite. Cette évolution des liens entre privé et services fédéraux semble donc être allé au-delà d’une simple coordination en contrevenant parfois au Sherman Antitrust Act de 1890 qui réprime toute atteinte à la libre concurrence (les tribunaux américains se refuseraient à l’appliquer). Pour résumer, repensons à E. Luttwack qui, faisant référence à Clausewitz, déclare : « c’est la continuation des stratégies diplomatiques et militaires par des stratégies commerciales et économiques ». En effet, c’est au travers du double filtre de l’influence et de la puissance qu’il faut comprendre la mise de l’intelligence économique américaine. [...]

[...] Tout d’abord, le concept d’intelligence économique se concentre sur la notion d’information. Les économistes nous expliquent que l’économie a connu différentes évolutions au cours des siècles précédents. Jusque dans les années 1930, les économies des pays occidentaux étaient dirigées par l’offre, puis s’est développée une économie de la demande symbolisée par les « trente glorieuses ». Depuis une décennie, il semble que l’on assiste à l’essor d’une économie de l’information ou de la connaissance. Certes les économistes ont toujours signalé l’importance du marché en tant que producteur d’information ou de signal pour les producteurs et les consommateurs notamment au travers des mécanismes de fixation des prix. [...]

[...] Pour conclure, le concept d’intelligence économique est un enjeu de puissance amplifié par la capacité d’influence des Etats. Il tend à redonner une place prépondérante aux Etats dans le cadre de l’économie internationale, ce qui interroge la validité de ce concept. N’y a-t-il pas dans la mise en avant de cette notion la volonté de replacer au premier plan un acteur qui ne dispose pas nécessairement des meilleurs atouts dans le cadre d’une économie ouverte où l’information est accessible à bas coût ? [...

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