dimanche 19 juin 2011

ORIGINE,MOTIVATION ET DYNAMIQUE COMMUNOTAIRE DU PATRIOTISME ECONOMIQUE

 Le patriotisme économique

Avis client: non évalué

Sommaire

  1. Origine, motivation et dynamique communautaire du patriotisme économique
    1. Origines et définition du patriotisme économique
    2. Le malaise du patriotisme économique dans un contexte d'après-guerre et la panne de pensée des décisionnaires européens
    3. La nouvelle légitimité du patriotisme économique
  2. Le retour des fusions acquisitions : Un coup de semonce pour le patriotisme économique
    1. Facteurs internes : La théorie d'évaluation des F&A
    2. Facteurs externes : des conditions favorables au lancement de F&A
    3. Le retour des F&A en chiffres en 2006/2007
  3. Vers un patriotisme économique « décentralisé » : celui de l'actionnaire
    1. La surveillance des pouvoirs de marchés au niveau communautaire : une posture d'arbitre
    2. Le surveillance de l'Etat français : une posture « patriotique » discutable
    3. Le patriotisme économique : l'affaire du français avant tout

Résumé du mémoire

L’année 2005 a vu des pays industrialisés réagir face à des tentatives étrangères de prises de contrôles ou d’OPA (Offres Publiques d’Achat) hostiles et mettre en avant les intérêts économiques nationaux. En France, la notion de patriotisme économique fût invoquée pour justifier cette posture nouvelle dans les relations internationales privées. L’affaire débuta en France durant l’été 2005. Le 19 juillet, le cours de l’action Danone s’emballe en raison d’une rumeur d’OPA du groupe américain Pepsi Co. Le gouvernement réagit immédiatement en annonçant qu’il entendait « tout faire pour déjouer l’offensive de Pepsi Co ». Le 27 juillet, relayant les propos tenus par le Président de la République le matin même lors du Conseil des ministres, le Premier Ministre Dominique de Villepin déclara vouloir « rassembler les énergies autour d’un véritable patriotisme économique ». Une nouvelle idée-force de la politique économique française était ainsi dévoilée, dans l’urgence, et sur une affaire très circonstancielle. Puis au début du mois de janvier 2006, Mittal Steel lança une OPA hostile sur Arcelor, ce qui provoqua une nouvelle levée de bouclier des responsables politiques. Mais l’affaire est plus complexe, l’entreprise est européenne, bien que détenue et verrouillée par un milliardaire d’origine indienne installé en Grande-Bretagne. En février 2006, ce fut au tour de l’italien Enel de prétendre pouvoir s’emparer du groupe Suez. Le gouvernement français riposta par un contre-feu en annonçant la fusion GDF-Suez, en privatisant au passage bonne part du gazier français, malgré la loi d’aout 2004 qui prévoyait que la part de l’Etat ne descendrait pas en dessous de 70%. Pour justifier cette rupture par rapport à une attitude jusque là très permissive envers les investissements étrangers en France, il fallut développer une argumentation nouvelle. Celle qui fut imaginée sur la base de ces affaires ne semble ni convaincante ni capable d’asseoir une doctrine pour des cas similaires futurs. Le hasard des calendriers met en lumière d’une part une contradiction dans la logique des pouvoirs publics français qui affirment vouloir défendre le patrimoine (privé et très partiellement français) économique national, tout en mettant sur le marché le capital de Gaz de France (juin 2005) et d’EDF (novembre 2005) ; et qui découvrent soudainement des synergies évidentes entre un gazier français et un électricien belge, alors qu’EDF et GDF avaient été découplés au motif qu’ils opéraient dans des métiers « radicalement différents ».
Cette phase historique a intronisé le terme de « patriotisme économique » dans le discours officiel français et nous incite à poser toute une série de questions :
Quelles sont les racines du patriotisme économique à la française et comment a-t-il évolué au cours du siècle dernier?
Quelles sont les explications au retour en force des opérations de F&A qui donne tant de fil à retordre aux défenseurs du patriotisme économique aujourd’hui ?
Comment les organismes nationaux et communautaires appréhendent ce retour en force des F&A et pouvons nous ouvrir la porte à un nouveau patriotisme dans ce nouvel ordre mondial ?
Pour cela, dans un premier temps, nous tenterons de mettre en perspective les origines dupatriotisme économique, de quelle manière il s’est traduit depuis le siècle dernier, ainsi que les fondements théoriques qui le soutiennent. Nous analyserons également de quelle manière, dans un contexte d’après-guerre, le patriotisme a perdu de sa vigueur et en quoi s’est opérée une réelle panne de pensée de la part de nos décisionnaires à cette époque. Puis nous mettrons en relief dans un contexte international renouvelé, le nouvel argumentaire du patriotisme économique et essaierons de voir dans quelle mesure il est intéressant de développer une réelle stratégie de défense des intérêts de long terme au niveau de l’Etat.
Dans un second temps, nous analyserons le retour pressenti des OPA et tenteront de voir quels sont les facteurs tant bien internes qu’externes qui favorisent leur montée en puissance ces dernières années.
Dans un troisième temps, nous aborderons dans un contexte international de plus en plus ouvert aux échanges et mondialisé, face à des postures semble t-il inadaptées des haut décisionnaires communautaires et nationaux ; dans quelles mesures il est possible d’imaginer un nouvel ordre dupatriotisme économique, plus réfléchi et qui trouverait son origine non plus dans un interventionnisme désordonné de l’Etat, mais dans l’implication de chaque français aux affaireséconomiques nationales.



[...] Cependant, on remarque que le nationalisme économique prend des formes inédites. Du point de vue terminologique, un changement s’est opéré et on remarque que des nuances sont déjà apparues : on parle désormais de « patriotisme économique » et non plus de « nationalisme économique »[4]. Le nationalisme économique est en effet trop souvent associé à la montée des nationalismes qui a mené à l’apparition des régimes totalitaires du XXème siècle alors que le patriotisme économique reste associé à la recherche stratégique dans un contexte de globalisation, d’un équilibre qui permette de préserver les leviers d’une indépendance nationale. [...]

[...] Ce qui pose la question: Quid du patriotisme économique au niveau de l’actionnaire ? C/ Le patriotisme économique : l’affaire du français avant tout 1/ La bourse en France : Une affaire culturelle Bien souvent, la responsabilité d’une prise de contrôle inopinée d’une entreprise française par une société étrangère est attribuée à l’Etat. Au- delà de la facilité de la réponse, il apparaît que certes, l’Etat a peu organisé sa politique de défense anti OPA, mais il a été également confronté à de sérieux handicaps qui trouvent leurs origines au cœur même des ménages français. [...]

[...] [1980], «Introduction à l'économie d'entreprise», 2ème édition. Boucherville. Porter M. [1990], “The Competitive Advantage of Nations” New York, the Free Press, MacMillan. Richardt A. [1997], “Colbert et le Colbertisme”, Presses Littéraires. Romer P. [1990], “Endogenous Technological Change”, Journal of Political Economy, No.98, pp.71-102. Williamson O. E. [1985], “The Economic Institutions of Capitalism”, New York, the Free Press. Table des matières Plan Introduction I/ Origine, motivation et dynamique communautaire du patriotisme économique A/ Origines et définition du patriotisme économique 1/ Le Colbertisme, patriotisme économique « à la française » 2/ Des bases théoriques imprécises conduit à une ouverture sur une approche managériale ou « Porterienne » du patriotisme économique 3/ Chronologie et cyclicité du patriotisme économique au XXème siècle B/ Le malaise du patriotisme économique dans un contexte d’après- guerre et la panne de pensée des décisionnaires européens 1/ Le malaise du patriotisme économique dans l’après-guerre 2/ La panne de pensée des décisionnaires politiques et économiques européens C/ La nouvelle légitimité du patriotisme économique 1/ Le patriotisme économique comme logique sécuritaire 2/ Le patriotisme économique comme réponse à la dislocation du bloc occidental dans un contexte d’après guerre froide 3/ Les nouvelles armes du patriotisme économique dans le monde occidental II/ Le retour des fusions acquisitions : Un coup de semonce pour le patriotisme économique A/ Facteurs internes : La théorie d’évaluation des F&A 1/ Acquisition de pouvoirs de marchés 2/ Economies d’échelle et économies d’envergure B/ Facteurs externes : des conditions favorables au lancement de F&A 1/ Des liquidités abondantes 2/ Différentes postures possibles face à ces nouvelles conditions. [...]

[...] Serait-ce une forme retour vers un patriotisme politique ? Ceci n’est pas sans provoquer un certain détachement des populations vis-à-vis des enjeux communautaires et réveille au gré des discours les ambiguïtés patriotiques, l’un n’excluant pas d’alimenter l’autre. Certaines annonces de politiques français, loin des réalités économiques et à vocation populistes, n’ont certainement eu comme effet que d’amplifier le sentiment d’emballement & d’impuissance des populations concernées dans leur destinée communautaire et à rejeter sévèrement en 2006 le projet de constitution européenne afin de manifester leur mécontentement. [...]

[...] Cette vision éclaire largement le sens du patriotisme économique. On peut toutefois ajouter le fait que dans une analyse stratégique, les opportunités des uns pourraient très bien représenter la menace des autres, tout comme on admet la maxime suivante : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » ; reste à savoir en définir la frontière. 2/ Le patriotisme économique comme réponse à la dislocation du bloc occidental dans un contexte d’après guerre froide La fin de la guerre froide avec l’éclatement du bloc soviétique a obligé les décisionnaires occidentaux à remettre en question leur vision binaire du monde. [...

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