dimanche 19 juin 2011

LE PATRIOTISME ECONOMIQUE

 Le patriotisme économique (2006)

Avis client: non évalué

Sommaire

  1. Une activité économique stimulée par l'adoption de pratiques protectionnistes
    1. Un protectionnisme nécessaire au développement des entreprises
    2. Une sauvegarde d'identité nationale et une indépendance à préserver
  2. Une efficacité du libre-échange et de la mondialisation qui relève du mythe
    1. L'inefficacité de la spécialisation des économies
    2. Des intérêts différents qui aboutissent à la même conclusion

Résumé de l'exposé

Chaque pays a acquis au cours de son histoire, des coutumes, une culture, des valeurs différentes de tous les autres et il semble nécessaire de préserver cette exception culturelle contre une quelconque uniformisation. Le patriotisme économique permet effectivement cela, à commencer par le fait que les entreprises nationales doivent rester dans les mains d’agents nationaux : Comment est-il possible de préserver une identité nationale si les entreprises sont détenues par des acteurs étrangers ? L’Etat a, par conséquent, un devoir de préserver cette identité en protégeant notamment les grandes entreprises des prises de participation inopinées des étrangers. C’est ainsi que l’on peut observer une multiplication des actions de l’Etat pour garder lepatriotisme économique en décourageant les fusions d’entreprises nationales avec d’autres de l’étranger, comme, par exemple, le gouvernement italien qui vient de bloquer la fusion entre son concessionnaire d’autoroutes Autostrade et l’espagnol Albertis, et en incitant les entreprises nationales à se rapprocher, comme on le voit en France avec GDF et Suez. En revanche, même si l’on peut prôner une sorte de préservation de l’exception culturelle, d’autres voient ces pratiques relevant plutôt d’un chauvinisme peu justifiable, c’est ainsi qu’il nous faut étayer notre argumentation.

[...] En somme, nous avons vu, dans un premier temps, que, tant que le patriotisme économique permettra de soutenir l'activité économique d'une nation et de préserver ses aspects socioculturels et son indépendance, alors l'intérêt des pays sera de promouvoir la sauvegarde de leurs intérêts nationaux. En second lieu, il nous a été possible de montrer en quoi le libre-échange s’avère être plutôt inefficace et pourquoi toutes les nations ont intérêts à ne pas s’ouvrir vers une mondialisation, qui peut être dangereuse pour eux, quel que soit le niveau de développement. D’ailleurs, aujourd’hui, on entend de plus en plus cette expression de « patriotisme économique ». [...]

[...] Les partisans de celui-ci prônent une légitime défense des intérêts économiques. Cependant, lorsque l’on parle de patriotisme économique, on fait souvent référence à des pratiques protectionnistes mises en place par les autorités étatiques. Effectivement, deux approches du patriotisme économique s’opposent aujourd’hui : la première, qualifiée de « dynamisante », consiste à promouvoir l’excellence économique du pays à travers la définition de stratégies innovantes. En revanche, la seconde s’avère correspondre au concept de protectionnisme, comme on peut le voir avec les gouvernements qui protègent leurs entreprises des prises de participation non anticipées du type OPA. [...]

[...] La notion de patriotisme économique se justifie par l’existence d’accidents historiques qui confèrent à des nations une antériorité dans la production. Ainsi, celles-ci, par l’intermédiaire des économies d’échelle et de l’effet d’expérience qu’elles acquièrent, bénéficient de la possibilité de fixer une tarification inférieure à des nations qui se lanceraient dans les mêmes activités. C’est donc en cela que se justifie le protectionnisme pour les pays qui ne disposent pas d’antériorité dans aucune production. D’ailleurs, ceci rejoint la théorie des industries naissantes de Friedrich List (1841) qui légitime le protectionnisme dans la mesure où celui-ci permet l’émergence d’une industrie. [...]

[...] Voyons qu’en est-il désormais si l’État accorde une subvention à Airbus à hauteur de 10. On peut voir désormais apparaître une stratégie dominante, à savoir (110, 0). Par conséquent, avec une subvention de 10, Airbus a dissuadé Boeing de produire et se retrouve en monopole sur le marché, avec un profit de 110 au lieu de 100. Ceci peut même nous faire dire que de telles pratiques sont non seulement bénéfiques à l’échelle nationale, mais également pour l’ensemble de la population mondiale. Bibliographie indicative - Quel patriotisme économique ? [...

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